Friday, March 30, 2018
À 15:00

L’originalité de la Semaine sainte en Roussillon et à Perpignan se situe dans le mode d’expression d’une ferveur à la fois intime et spectaculaire, mais aussi dans le rituel spécifique qui entoure la procession de la Sanch. Les traditions ont su garder ici une réelle authenticité.

La ferveur d’aujourd’hui n’a d’égale que celle d’hier. Tout ce qui touche au cérémonial des fêtes de la Semaine sainte et de la Passion est prévu, réglé avec minutie depuis des siècles.

La Sanch a Perpinyà, ce sont les ombres et les lumières de la Semaine sainte. Dans l’ancienne capitale des rois de Majorque, les couleurs et l’atmosphère si particulières amplifient la dramaturgie de l’avant et l’après Golgotha. Tout est contraste entre la longue tristesse de Carême et la brusque joie Pâques. Contraste, aussi, entre les cantiques vibrants d’allégresse et les chants funèbres.

La Sanch a Perpinyà.
Un patrimoine culturel et religieux immatériel d’une longévité exceptionnelle

Prières, psalmodies, recueillement. La foule est là, massée, silencieuse. Les pénitents avancent, chancelants sous les fardeaux des péchés du monde. Avec leurs longues capuches pointant vers le ciel, les pénitents s’isolent du monde derrière leurs masques de tissus. Vêtus de grandes robes noires, les caparutxes défilent au son de la cloche de fer du regidor rouge en tête du cortège. Portés sur leurs épaules, les lourds misteris relatent les différentes scènes de la Passion, entre Madone affligée et Christ crucifié. A intervalles réguliers, les pénitents s’arrêtent sous les roulements des tambours. Souvent les pieds nus, ils revivent la quête d’expiation qui animait les flagellants de saint Vincent Ferrier.

La Sanch, ses acteurs, ses monuments, ses symboles unissent par un lien à la fois immatériel et concret le Perpignan d’aujourd’hui à celui du début du XVe siècle.

Historique

La confrérie de la Sanch, du très précieux sang de Jésus-Christ a été fondée en 1416, en l’église Saint-Jacques de Perpignan, suite au prêche de saint Vincent Ferrier, moine dominicain (1350-1419).

Outre sa vocation spirituelle, la confrérie s’est vouée à la commémoration de la Passion du Christ par une procession le jeudi saint et à l’accompagnement des condamnés à mort au gibet.

Au XVIIIe siècle, dans ce pieux cortège, la véhémence des flagellants incita l’autorité religieuse et le conseil souverain du Roussillon à limiter les processions qu’ils jugeaient trop baroques et espagnoles. Pendant plus d’un siècle, la confrérie de la Sanch survivra entre les murs de l’église Saint-Jacques.

Ce n’est qu’en 1950, sous l’impulsion de Joseph Deloncle, que la procession avec les misteris venant de chaque paroisse de Perpignan, puis de chauqe village, reprit son itinéraire dans le centre historique de la ville. il en est encore ainsi chaque Vendredi saint.

Agnostique, curieux ou réellement croyant, le public ne reste jamais insensible à la ferveur de cette manifestation populaire de la foi en Catalogne

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